Texte écrit en 2017 lors de mon premier départ
Paris Berlin Droit dans le mur
Le mur n existe plus physiquement, a part quelques morceaux, mais il reste ce symbole de la séparation des deux Allemagnes.
Je viens de reprendre mon sac et mes chaussures pour Berlin, si les dieux sont avec moi, ce jour de 14 juillet , notre grande fête nationale, est-ce de bonnes augures, je devrais atteindre Berlin fin août.
Une lecture de Remonter la Marne, petit livre de poche de Jean Paul Kaufmann, m a donné envie de reprendre son chemin, les rivières me plaisent , leurs cours sont apaisant. Il me plaît aussi toujours d'être inspiré par des écrivains marcheurs, après Bellec, Stevenson, Lacarriere, Ruffin, Tesson , Kaufmann, dont j ignorais sa passion pour la marche. Eux même évoquent d'autres écrivains marcheurs qui les ont inspirés.
Lors de mon dernier parcours de St Goustan à Paris , j avais remonté la Seine depuis Honfleur jusqu'à Paris Notre Dame , j'envisageais de continuer de remonter la Seine jusqu'à sa source, mais la Marne son affluent qui l'a rejoint à Charenton le Pont, et tout son passé de guinguette, m'ont donné envie de suivre son cours au moins jusqu'à Reims. Pour cette fois je vais laisser une grande part à l'improvisation, pas d'ētape tracée d'avance, sauf une grande direction avec encore deux voies possibles : Paris STrasbourg, puis Strasbourg Berlin , en passant par Karlsruhe, Francfort et Berlin .
L'autre voie possible c'est à Reims , vers la Belgique et l Allemagne par Aix La Chapelle
la ville de Charlemagne, puis Düsseldorf, ville de départ du Tour de France 2017 .
D'ailleurs au moment où j'écris ces lignes, nous sommes le samedi 15 juillet, je suis aBrie sur Marne, une vieille douleur c est réveillée dans mon mollet droit, une tendinite qui ne porte pas vraiment son nom, si j' écoute Romain mon ostéopathe, mais ça y ressemble beaucoup. Conséquences d un déménagement récent , le sac à dos a remplacé les cartons. D'ailleurs ce sac qui pèse à vide 800gr, a dû prendre 20grammes de plus rapport à une réparation. Mon brave Valero, notre Levrier mâle de 5 ans , attachant mais aussi il ne laisse pas souvent passé une occasion de se faire remarquer, un morceau de pâté oublié dans le sac, son odeur n' pas échappé à son flair infaillible. Mais plus tôt que d' ouvrir le sac par le haut , il à trouvé plus pratique de l'entailler par le bas, afin d'arriver plus rapidement au met convoité, une belle entaille réalisée avec ses incisives redoutables. Un cordonnier habile m'a collé une rustine, la réparation est solide, c'est peut-être pour ça que je l'ai un peu trop chargé. Lorsque je l'ai retiré du coffre de ma voiture pour rejoindre la gare de Vannes , 30 mn de marche ont suffi pour me rendre compte que j'avais un peu trop chargé la mule . Un gros défaut dont je ne pourrai me séparer , malgré un listing très précis, je ne peux m'empêcher d'en rajouter, peur de manquer . Mais l'addition du poids sur le dos est sans appel, il va falloir alléger . Lorsqu' après 2h30 de TGV sur la nouvelle LVG (ligne à grande vitesse), temps très court en 1ère CLasse, sur des sièges d'une assise plus que douteuse, en tout cas mon dos n'a pas apprécié, quel dommage. J'ai tenté d'entamer une conversation avec mon voisin d'en face, un petit monsieur sans âge, au visage inexpressif. Pas un mot , pas une ride n'a bougé de son air triste et sérieux à la fois. Je me suis dit qu'il ne devait pas rire tous les jours. Il a passé son voyage le nez dans un livre dont j'ai oublié le titre. Dans le fond son livre était aussi sans expression, comme lui. Lorsque j'ai dû récupéré mon sac placé au dessus de son siège, tout en m'excusant du dérangement, notre conversation qui aurait pu peut-être être très intéressante en est resté aux balbutiements . Par contre mon sac lui m'a beaucoup parlé " Tu penses aller à Berlin avec moi comme ça sur le dos, tu ne vois pas que j'en peux plus , je craque de partout " Mais je rêve mon sac parle , j'ai l'impression d'être dans un sketch de Raymond Devos lorsque son chien se met à lui parler. Un chien pourquoi pas, mais un sac à dos !!!! Enfin il s'est tu mais une fois sur mon dos j'ai compris qu'il avait raison.
Je ne l'ai pas quitté pendant tout le trajet en Métro, sur la ligne 6 jusqu'à Nation, histoire qu'il me colle bien au corps, afin que lui et moi on ne fasse plus qu'un, un vrai couple quoi. Mais là ce n'est plus mon sac qui parle mais le conducteur du metro qui s'adresse aux voyageurs d'une manière pas habituelle. Décidément ce voyage s'annonce pleins de surprises . Le conducteur salue les voyageurs comme c'il s'adressait à chacun d'entre nous , en terminant ses phrases par bisous, bon voyage, à demain, à bientôt sur la ligne 6 , bisous. Dans la rame , les visages des voyageurs généralement fermé et sans expression, s'illuminent d'un sourire amusé, surtout qu'il enchaîne les blagues en proposant un jeu : " qu'elle est la prochaine station après Corvisart qui est fermé, et comme pour imiter le jeu des 1000 francs de LUcien Genesse sur France Inter , il découle temps ding ding ding ........, perdu personne n'a trouvé on rejouera demain, bon voyage, merci d'avoir choisi la ligne 6 , celle du conducteur qui chante, il a en plus sa page Facebook. Il promet qu'il chantera demain.
Non mais je rêve, un sac à dos qui parle, un conducteur de Metro qui fait de l'humour,
j'ai vraiment cru qu'il allait s'adresser à moi , en criant hé l'homme au sac à dos à dos trop lourd qui va à Berlin, bon courage et bisous.
Il me reste à prendre la ligne 9 pour deux stations, arrêt a Charonne ou Gael réside , c est encore lui qui m'héberge ce soir . Le lendemain matin j'ai vidé mon sac et fait un tri,
j'ai coupé très fort , c'était mieux mon sac était content, bonne nuit.
Vendredi 14 juillet 9h30
Pendant que Trump et notre président Macron assiste sur les Champs Elysées au Daumesnil fameux défilé du 14 juillet, je suis aussi en marche moi vers Charenton le pont , j'ai seulement 5km à parcourir les rues de Paris avec mon sac allégé, d.ailleurs il est devenu muet. A Daumesnil je croise au dessus de moi la patrouille de France qui me salut avec ses traînés tricolore, suit les avions de chasse que D'assaut nous vend à prix d'or , tout ça est bien beau , mais moi j'ai encore quelques kilomètres à faire avant Berlin , Angela va m'attendre et j'aime pas faire attendre .
Une pancarte m'annonce qu'une passerelle m'attends pour les bords de Marne, décidément je ne m'attendais pas à un Acceuil aussi chaleureux, la Seine va suivre un autre cours et la Marne démarre à Charenton, la proximité de l'autoroute A4 qui suit la Marne et son flux de circulation trouble la tranquillité du chemin de halage .
Malgré le bruit beaucoup de promeneurs, des coureurs, il fait chaud ce 14 juillet, il est midi et mon estomac commence à crier famine

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